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3月30日

JOJO LAPIN 2008

 
A la demande générale et pour finir sur une touche de légèreté (et comment !), je vous présente :
 
JOJO LAPIN 2008 !!! (voir billet "Ma fille ma bataille" et ses commentaires)
 
anniv
 

ETRE OU NE PAS ETRE EMU(E)

 
Je n'aurais jamais pensé être aussi touchée par la mort de Thierry Gilardi. 
 
Chuck Norris sait que le foot représente pour moi une épreuve plutôt qu'un grand moment festif populaire (exception faite, évidemment, du 12 juillet 1998) et les dimanches matins sont pour moi symbole uniquement de produits frais (aaah les prix prohibitifs des "Quatre saisons" de mon centre-ville, chez les propriétaires tunisiens desquels le tout-ma ville s'approvisionne histoire de montrer que chez nous, on est de gauche, et qu'on soutient le petit commerce).
 
Pourtant, le choc était bien là mercredi à l'annonce de la disparition de quelqu'un qui, je dois bien le reconnaître, évoquait finalement bien des choses pour moi : Personnage Audiovisuel Français, installé dans notre salon comme un PPDA qui viendrait d'Italie, faisait-il finalement partie de notre vie à tous, squatter clandestin qu'on avait fini par accepter... Ou bien était-ce cette étincelle qui le rendait immortel, ainsi que Brigitte, ancienne collègue emportée il y a quelques mois presque au même âge, elle qui était si solaire...
 
Bref.
 
Notre déjeuner dominical fut l'objet d'un débat avec nos amis - grands débatteurs s'il en est ; d'aucun estimait que la mort de Thierry Gilardi ne le touchait pas plus que la mort de n'importe quel Indien, pauvre, écrasé par un bus Tata. Qu'il n'y avait pas de degré dans la tristesse d'une vie humaine qui s'achève. Que la valeur d'une existence ne primait pas une autre. Que Thierry Gilardi ne laissait pas de trace dans l'humanité etc.
 
Soit. Mais voilà, je considère que si toutes ses considérations sont estimables et partageables, elles ne sont pas contradictoires avec ce que nous devons bien appeler de l'émotion, explicable ou non, respectable en tout cas, ressentie au plus profond de soi à la disparition d'une personne proche, y compris cathodiquement si le capital sympathie, si le "fond" est là.
 
L'émotion, voyez-vous, c'est ce pourquoi je vis, personnellement.
3月14日

Une vie sauvée (?)

 
Le conducteur du train a freiné et s'est arrêté à quelques centimètres de la femme qui voulait mettre fin à ses jours.
 
On peut s'interroger sur le sens de cette vie sauvée. Et d'ailleurs, plus généralement, sur le droit à vouloir mourir et la légitimité à empêcher un tel geste.
 
La femme va-t-elle porter plainte contre le conducteur ? Ou au contraire, va-t-elle soudain redécouvrir le sel de la vie ?
 
Il faut relire le dernier chapitre du Comte de Monte-Cristo* :
"Quant à vous, Morrel, voici tout le secret de ma conduite envers vous : il n'y a ni bonheur ni malheur en ce monde, il y a la comparaison d'un état à un autre, voilà tout. Celui-là seul qui a éprouvé l'extrême infortune est apte à ressentir l'extrême félicité. Il faut avoir voulu mourir, Maximilien, pour savoir combien il est bon de vivre."
 
Ca fait un peu cul-cul mais je pense aussi à la chanson de Goldman, chantée par Johnny, "L'envie". A la réécouter avec attention, Goldman avait dû lire le Comte de Monte-Cristo lui aussi. Et comme je trouve le message finalement bien sain, je vous invite à le redécouvrir :
 
"Qu'on me donne l'obscurité puis la lumière
Qu'on me donne la faim la soif puis un festin
Qu'on m'enlève ce qui est vain et secondaire
Que je retrouve le prix de la vie, enfin !

Qu'on me donne la peine pour que j'aime dormir
Qu'on me donne le froid pour que j'aime la flamme
Pour que j'aime ma terre qu'on me donne l'exil
Et qu'on m'enferme un an pour rêver à des femmes !

On m'a trop donné bien avant l'envie
J'ai oublié les rêves et les "merci"
Toutes ces choses qui avaient un prix
Qui font l'envie de vivre et le désir
Et le plaisir aussi
Qu'on me donne l'envie !
L'envie d'avoir envie !
Qu'on allume ma vie !

Qu'on me donne la haine pour que j'aime l'amour
La solitude aussi pour que j'aime les gens
Pour que j'aime le silence qu'on me fasse des discours
Et toucher la misère pour respecter l'argent !

Pour que j'aime être sain, vaincre la maladie
Qu'on me donne la nuit pour que j'aime le jour
Qu'on me donne le jour pour que j'aime la nuit
Pour que j'aime aujourd'hui oublier les "toujours" !

On m'a trop donné bien avant l'envie
J'ai oublié les rêves et les "merci"
Toutes ces choses qui avaient un prix
Qui font l'envie de vivre et le désir
Et le plaisir aussi
Qu'on me donne l'envie !
L'envie d'avoir envie !
Qu'on rallume ma vie !"
3月11日

MA FILLE, MA BATAILLE

 
Me voilà là où on voit le maçon (au pied du mur). Tout ce que j'ai pu écrire a été retenu contre moi. Arguant que je me suis étalée sur ces pages sur mon propre panégyrique mais également sur celui de ma moitié, voici que la chair de ma chair, dans la splendeur de ses 16 ans, me réclame le même exercice la concernant. "Tu devrais écrire un billet sur MOI", me dit-elle. Il est vrai que sa personne est certes plus intéressante à ses yeux que n'importe quel sujet politique, économique ou stratégique comme j'aime habituellement à m'en inspirer. "Sur toi ?" "Oui, sur mes qualités." Ahahahahahahahahahahahahahahahaha (comme elle le dit si bien elle-même).
 
Voici donc une liste, non exhaustive, de tous les atouts de mon ado :
 
- possède la juste bonne dose d'égocentrisme (voir ci-dessus)
- a une mauvaise foi qui déplace les montagnes ("mais cet anniversaire à Londres, maman, c'est l'occasion de pratiquer mon anglais !")
- ainsi qu'une persévérance qui l'aidera sans le moindre doute à réussir dans la vie ("pour Londres, tu as réfléchi ?")
- dispose d'un jugement sans faille sur les gens ("elle a pris la grosse tête Pénélope Jolicoeur")
- dispose d'un jugement sans faille sur les fringues (j'aurais jamais eu l'idée d'acheter un collant violet sans elle)
- sait se maquiller les paupières (depuis peu)
- se lave tous les jours (depuis peu)
- est capable d'avoir une conversation suivie avec ses parents et avec le sourire (parfois) (surtout au sujet de Londres)
- aide parfois sa mamie à faire la cuisine (spontanément je veux dire)
- est intelligente, brillante, fine, rigolote, originale, volontaire (Londres...), créative, et va réussir le concours de Sciences Po du premier coup.
 
Je l'aime ma fifille.
 
 
 
3月10日

CHEZ LES INTELLECTUELS AUSSI IL Y A DES TRUIES

 
En est la preuve vivante, un éminent Directeur de Recherches à l'Universitéééé (DRU pour les amateurs d'acronymes comme moi), le genre Lucchini dans "Paris", mais en moins sympa, et dont je tairai le nom ici par respect pour l'anonymat de la personne (que nous appellerons A.) qui me contât cette histoire, et dont l'avenir dépend, en quelque sorte, de ce DRU (que nous appellerons, donc, Fabrice). Pour mes lectrices brunes et autres bonhommes bleus, ça va ? Vous suivez ?
 
Alors voilà, A. est une brillante enseignante-chercheuse à l'universitéééé, mais en CDD (oui ça existe aussi à l'universitéééé, même avec un bac + 12). Le CDI de ses rêves s'ouvre, et, vu qu'elle est ultra-bonne et appréciée de tous, il est pour elle, c'est sûr. Plus qu'à constituer son dossier et publier un bouquin (c'est comme ça que ça marche) et hop !! Elle s'attelle donc à son livre, l'éditeur est dans les startings-blocks, manque plus que le rapport d'une commission présidée par Fabrice, son ex-directeur de thèse, pour valider la publication. Or, voilà que Fabrice se met à traîner les pieds. Un mois, deux mois passent, Fabrice est aux abonnés absents. Le projet est gelé. Finalement, après des semaines d'appels infructueux, A. finit par lui parler : "j'ai été débordéééé, mais je m'occupe du rapport TOUT DE SUITE"
 
A savoir : le poste brigué par A. est aussi convoité par... R., une protégée de Fabrice ! Ben tiens ! Il a donc tout intérêt à retarder la sortie de son livre, qui est pour elle un atout supplémentaire.
 
La suite est racontée par A. elle-même :
 
"Hier, après une semaine de plus sans nouvelles du rapport qu'il était censé faire dans l'heure, j'écris à V., le directeur de la collection, pour lui demander s'il a reçu le rapport.
Il me répond qu'il n'a RIEN reçu, ni mail ni rapport, et copie sa réponse à Fabrice. Et il me dit qu'il va s'arranger vec l'éditeur pour les délais. Je lui réponds que c'est pas l'éditeur le problème, mais mon dossier professionnel que je dois envoyer d'ici fin mars.
IL me répond encore (toujours en copiant à Fabrice) qu'il va le presser (Fabrice) et essayer d'accélérer les choses dans mon intérêt.
AUCUNE REACTION DE FABRICE.
Ce matin, j'ai F. au téléphone (membre du jury pour attribuer le poste, et amie d'A.) : elle m'apprend qu'entretemps Fabrice lui a envoyé un mail pour lui dire qu'il faut parler du poste, que à son avis le mieux c'est R., et qu'il allait appeler d'autres membres du jury de Lille."
 
C'est énorme ! Un prétendument respectable universitaire complote contre une excellente candidate, tout ça pour caser sa protégée ! Et au passage, risque de lui ruiner sa carrière, car les postes ne sont pas légion...
 
Bonjour la déontologie !
 
Sale truie.