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4月28日 Un animal sur dix...Oh, mais, la VACHE ! J'ai failli laisser passer le mois d'avril sans poster plus d'UN billet ! Il y a du laissez-aller dans ce pays, c'est moi qui vous le dis.
J'ai pourtant été inspirée comme vous tous par les débats électoraux, non, pas ceux de la télé (Canal + ou BFM TV), mais ceux entre amis ou en famille... Barbecue du premier tour pour Céline entourée d'amis avec carte PS, sans carte PS, pro-Sarko, pro-rien... vacances pour moi en famille avec un clivage nettement marqué djeunes versus seniors. A ce propos, j'aimerais qu'on m'explique pourquoi les jeunes détestent, voire sont terrorisés, par Sarkozy. Je trouve le cas intéressant (je considère périphérique le cas de jeunes enseignants-chercheurs en grec ancien dont Sarko mettrait l'emploi en peril) (A noter : je n'ai rien contre les jeunes, j'aime les jeunes, moi-même j'ai été un jeune, comme dirait Gotlieb dans Rubrique-à-Brac).
En parlant d'intéressant, voilà ce qui me fait réagir aujourd'hui. La phrase du jour, de la semaine, du mois, de l'année, c'est dans le Point daté du 19 avril que je la relève (p. 32) : "Un animal sur dix vivant sur terre est une mouche !".
Allez savoir pourquoi, j'adore cette phrase. Les perspectives qu'elle offre. Le recul. Le sentiment d'être si peu de chose. La dimension soudainement posée de l'Homme, le vertige de l'Histoire, et même de la Préhistoire. Une phrase, d'ailleurs, historique, à classer au panthéon des phrases qui frappent au même titre que "Houston, on a un problème" ou encore "J'ai un copain, il s'appelle Marcel, il est situationniste et tous les quinze jours, il s'auto-dissout" (André Manoukian, Nouvelle Star, 25 avril 2007).
Le Point du 19 avril recèle d'ailleurs bien des bonnes suprises. Vous allez finir par croire que je suis Sarkozyste, ce qui est faux, mais je préfère le partisanisme soft du Point aux éructations manipulatrices de J.F. Kahn dans Marianne. Par exemple, ce numéro, donc du 19 avril (vous suivez ?) propose un dossier d'une grande qualité, points de vue extrêmements divers sur la campagne. J'y relève quelques perles :
"L'électorat suit cette campagne comme une série de télé-réalité en se demandant qui du petit diable ou de Cruella l'emportera" (Abdel Meghetti, nouvel inscrit sur les listes électorales) ;
"Ils s'efforcent de répondre aux demandes immédiates et fragmentaires de la population, sur le quotidien, les salaires, les retraites, comme si tout cela ne dépendait pas d'un destin bien plus grand" (Edgar Morin, sociologue et philosophe) ;
"Royal et Sarkozy sont le produit de 50 ans de mépris pour les études littéraires. Il leur manque une culture humaniste, et c'est pour ça qu'ils sont anxiogènes" (Philippe Val, patron de Charlie Hebdo) ;
"Une impression de navritude, à cause (...) [du] prodige hallucinant accompli par les Verts : en deux mois, on est passé de "Hulot Président" à Voynet à 2% (...) Le phénomène Bayrou : on a l'impression d'un candidat trou noir, qui absorbe tout, mais parce qu'il est constitué d'antimatière." (Jul, dessinateur)
Sur ce long billet, je vous laisse à vos réflexions. Pour ma part, je vais suivre le sociologue et philosophe. Lisez ce dossier et vous comprendrez.
Enfin, n'oubliez pas : les mouches. 4月5日 Kennedy et moiC'était le titre d'un film assez sympa avec Jean-Pierre Bacri, qui ne jouait pas Kennedy, mais un homme désabusé et revenu de tout, et qui, soudain, connaissait une passion pour... la montre de son psy, qui avait appartenu à Kennedy (la montre, pas le psy).
Mais rien à voir avec le sujet de ce billet, même si Kennedy nous inspirât tous deux, Jean-Pierre (si tu m'entends) et moi. Vous allez voir.
Tout commence lors d'une campagne électorale. Pour rassurer Paola, je ne prononcerai ni le nom de S., ni celui de N. Parlons général. L'un promet des places en crèche pour vos enfants. L'autre des points en plus sur votre permis de conduire. L'un de baisser vos impôts. L'autre de mettre en place du soutien scolaire. Celui-là, d'augmenter vos allocations logement. Celui-ci, d'autoriser le mariage gay. Rendre les transports gratuit. Assurer un service public minimum. Etc. Etc.
Point commun de toutes ces propositions (hors concours, la suppression de l'ENA, dont je me contrefiche comme de ma première gorgée de bière) : elles s'adressent à l'électeur, à l'individu. Je t'écoute. Je m'occupe de toi, de ta petite vie, de tes petits soucis persos que t'as.
Un peu de hauteur, que diable ! C'est là que Kennedy entre en scène.
Bandes de nazes ! (comme disait JFK) Ne me dites pas ce que vous pouvez faire pour moi ! Dites-moi ce que vous pouvez faire pour mon pays !
NB 1 : OK, la paraphrase est hasardeuse... Je rappelle l'originale : "Ne vous demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, demandez-vous ce que vous pouvez faire pour votre pays."
NB 2 : A la réflexion, les candidats qui formulent ces promesses le font souvent en réponse aux questions des journalistes qui ont une fâcheuse tendance à les interroger sur la baston Gare du Nord plutôt que sur la réduction de la dette.
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